Réponse rapide
La Chine n’a pas un seul régime sans visa.
Quand on dit « la Chine est sans visa », on mélange souvent plusieurs dispositifs différents, chacun avec ses propres règles sur :
- les passeports admissibles ;
- le motif du voyage ;
- la durée autorisée ;
- la nécessité ou non d’être en transit ;
- les zones où l’on peut circuler.
La plupart des erreurs commencent au moment où l’on mélange ces régimes.
La première chose à comprendre
Quand un voyageur dit « la Chine est désormais sans visa », il peut parler de choses très différentes :
- l’entrée unilatérale sans visa ;
- les accords bilatéraux ou mutuels d’exemption de visa ;
- les programmes régionaux sans visa ;
- le transit direct de 24 heures ;
- le transit sans visa de 240 heures.
Ces régimes ne sont pas interchangeables.
1. L’entrée unilatérale sans visa
C’est le dispositif dont parlent le plus souvent les touristes.
Selon la liste en vigueur publiée par la NIA, les titulaires d’un passeport ordinaire éligible peuvent généralement entrer en Chine sans visa jusqu’à 30 jours pour :
- le tourisme ;
- les affaires ;
- les visites à des proches ;
- les échanges ;
- le transit.
La liste des pays éligibles peut évoluer ; il faut donc toujours vérifier la liste officielle à l’approche du départ.
Dans ce régime, la durée du séjour se calcule à partir de 00h00 le lendemain de l’entrée.
2. Les accords mutuels d’exemption de visa
La Chine a aussi conclu des accords bilatéraux ou mutuels d’exemption de visa avec certains pays.
Ces accords peuvent ressembler à l’entrée unilatérale sans visa, mais les détails peuvent être différents. On peut y trouver par exemple :
- jusqu’à 30 jours par séjour ;
- une limite cumulée comme 90 jours sur 180 jours.
Si vous voyagez sous un accord mutuel, il faut lire cet accord précis au lieu de supposer que les règles du régime unilatéral s’appliquent.
3. Les programmes régionaux sans visa
La Chine gère aussi plusieurs dispositifs limités à certaines zones, par exemple :
- l’entrée sans visa à Hainan ;
- certains programmes pour groupes de croisière ;
- certains programmes de groupes touristiques de l’ASEAN dans des lieux comme Xishuangbanna ou Guilin ;
- certains mécanismes d’entrée groupée depuis Hong Kong ou Macao vers le Guangdong ou Hainan.
Ces programmes peuvent limiter :
- le point d’entrée ;
- la zone où l’on peut voyager ;
- le fait de devoir ou non rester dans un groupe ;
- le nombre de jours autorisés.
Ils peuvent être utiles, mais ils ne donnent pas un accès général sans visa à toute la Chine.
4. Le transit direct de 24 heures
Cette politique paraît large, mais elle reste étroite dans la pratique.
Elle concerne les voyageurs qui transitent réellement par la Chine vers un pays ou une région tiers dans les 24 heures. Dans beaucoup de cas, on est censé rester dans la zone réglementée du port d’entrée, sauf autorisation temporaire spécifique.
Ce n’est pas un raccourci pour faire du tourisme.
5. Le transit sans visa de 240 heures
C’est l’autre régime que les voyageurs confondent très souvent avec le tourisme général sans visa.
La NIA le présente actuellement comme applicable à certaines nationalités figurant sur une liste de 55 pays, à condition notamment de :
- transiter vers un pays ou une région tiers ;
- détenir des documents de voyage valides ;
- avoir des billets confirmés ;
- entrer par les ports désignés ;
- rester dans les zones autorisées.
La durée maximale actuelle est de 240 heures, soit 10 jours.
Il s’agit bien d’une politique de transit, pas d’un remplacement général du visa touristique.
Ce que « sans visa » ne veut jamais dire
Quel que soit le régime utilisé, « sans visa » ne veut pas dire :
- que vous pouvez travailler ;
- que vous pouvez étudier sur la durée ;
- que vous pouvez faire du journalisme sans autorisation ;
- que vous pouvez rester aussi longtemps que vous voulez ;
- que vous pouvez changer librement de motif une fois arrivé.
Si votre projet réel est de travailler, d’étudier longtemps ou de garder des dates très ouvertes, il vaut mieux obtenir le bon visa.
Faut-il quand même avoir des documents ?
Oui. Sans visa ne veut pas dire sans justificatifs.
On peut encore vous demander :
- votre passeport ;
- l’adresse de l’hôtel ;
- un billet de sortie ou de continuation ;
- une explication simple de votre voyage.
Les compagnies aériennes sont souvent plus strictes que l’immigration, parce qu’elles portent le risque si vous êtes refusé à l’embarquement.
Peut-on prolonger un séjour sans visa ?
Ne bâtissez pas votre voyage autour de cette idée.
Pour un voyage ordinaire, partez du principe que :
- la durée sans visa est fixe ;
- les prolongations ne sont pas une solution courante pour voyageurs ;
- si quelque chose d’exceptionnel se produit, il faut agir avant la fin de la durée autorisée.
Si vous avez besoin de vraie flexibilité, un visa classique est souvent plus sûr.
Erreurs fréquentes
- confondre le transit de 240 heures avec du tourisme classique sans visa ;
- oublier les limites régionales de circulation ;
- réserver un départ au-delà de la durée autorisée ;
- oublier qu’un transit implique un pays ou une région tiers ;
- penser qu’on pourra toujours prolonger après coup.
La plupart des problèmes viennent d’un mauvais régime appliqué au mauvais voyage.
En pratique
- Les options sans visa sont aujourd’hui plus larges qu’avant.
- Elles restent très encadrées.
- Le bon régime compte plus que le mot « sans visa ».
- Les voyageurs au programme simple et dates fixes sont ceux qui en profitent le mieux.
- Si votre itinéraire est compliqué, l’option « simple » cesse souvent de l’être.
Liste de contrôle
- Je sais précisément quel régime sans visa j’utilise.
- Mon passeport est bien couvert par ce régime.
- Le motif de mon voyage correspond aux activités autorisées.
- Mon itinéraire et ma durée de séjour respectent les règles.
- Mon billet de sortie ou de continuation est cohérent avec ce plan.